Mon enfant veut arrêter le sport : Faut-il insister ?

« J’ai plus envie d’y aller… » : Le dilemme de novembre

C’est la phrase que tout parent redoute après avoir payé la licence à 150€. En septembre, il était surmotivé. Deux mois plus tard, c’est la crise de larmes avant l’entraînement. Faut-il le forcer pour lui apprendre la persévérance, ou le laisser arrêter pour respecter son choix ? La réponse n’est pas binaire.

🧠 Point Science : La Théorie de l’Autodétermination
Selon les travaux de Deci & Ryan (psychologie de la motivation), un enfant ne s’engage durablement que si 3 besoins sont nourris :
1. La Compétence : « Je me sens bon, je progresse. »
2. L’Autonomie : « J’ai choisi d’être là. »
3. L’Appartenance : « J’aime mes copains du club. »
Si l’envie d’arrêter survient, c’est que l’un de ces 3 piliers s’est effondré. Votre mission : trouver lequel.
⚠️ Le Signal d’Arrêt Absolu (Harcèlement ?)
Avant de parler de « caprice », vérifiez l’environnement. Si l’enfant présente des signes somatiques uniquement avant l’entraînement (maux de ventre, troubles du sommeil, repli sur soi), il faut investiguer immédiatement sur une potentielle situation de harcèlement (vestiaire) ou un coach toxique/humiliant. Dans ce cas précis : arrêt immédiat de protection.

3 Stratégies de Psy pour gérer la crise

1. L’Enquête « Vestiaire vs Terrain »

Souvent, l’enfant dit « Je n’aime plus le Judo ». En réalité, il n’aime plus « être le seul qui n’arrive pas à faire la chute » (Compétence) ou « Arthur qui se moque de lui » (Appartenance).

La question à poser : « Si tu pouvais faire ce sport avec ton meilleur copain et un coach super gentil, tu voudrais continuer ? »
Si la réponse est OUI, le problème n’est pas le sport, c’est le contexte. On peut changer de club, pas forcément de sport.

2. La Règle de la « Fin de Saison » (Contrat)

L’apprentissage de l’engagement est crucial. Si ce n’est pas une situation de souffrance (voir alerte ci-dessus), on ne démissionne pas sur un coup de tête.

Le deal : « On a payé, on s’est engagé auprès de l’équipe. Tu finis le trimestre (ou l’année). Si en juin tu veux toujours arrêter, promis, on ne te réinscrira pas. »
Souvent, une fois la pression de la « décision » levée, le plaisir revient.

3. Le « Non » Actif (La Négociation)

OK pour arrêter, mais pas pour retourner sur le canapé devant la tablette. Le sport est une hygiène de vie, pas une option.

La règle : « Tu as le droit d’arrêter le Tennis. Mais tu as l’obligation de remplacer ce créneau par une autre activité physique. »
C’est le moment idéal pour tester quelque chose de plus ludique. Jetez un œil à nos idées d’activités en famille (vélo, jeux de plein air) pour décompresser sans compétition.

Questions Fréquentes (FAQ)

À quel âge un enfant peut-il choisir son sport ?

Avant 6-7 ans, c’est l’âge de la découverte (multisport). L’enfant papillonne et c’est normal. Vers 8-9 ans, il commence à avoir des préférences réelles. Laissez-lui le droit à l’erreur la première année.

Faut-il le punir s’il arrête en cours d’année ?

Non, la punition associerait le sport à une contrainte négative. Privilégiez la responsabilisation : « Tu arrêtes, mais tu dois participer aux tâches de la maison pendant ce créneau horaire » ou « Tu dois trouver une autre activité gratuite ».

Mon ado ne veut plus rien faire, que faire ?

À l’adolescence, le rejet de l’autorité est classique. Proposez-lui des activités « entre amis » sans supervision parentale (Skate, Salle de sport à partir de 16 ans, Street Workout). L’important est qu’il bouge, même sans vous.

📚 Sources & Références :
Self-Determination Theory (Deci & Ryan, 1985/2000).
• Société Française de Psychologie du Sport (SFPS) – Motivation chez le jeune athlète.
« L’enfant et le sport » – Dr. Véronique Bartenieff (Pédiatre).